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La conférence internationale sur la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), annoncée par le gouvernement burkinabè en mi-juin, s’est ouverte, ce lundi 09 juillet 2018 à Ouagadougou, sur le thème: «Accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso». Placée sous la présidence du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, cette conférence internationale vise à évaluer les résultats obtenus, au terme de 2 ans et demie  d’exécution du référentiel de développement économique et social, PNDES. De même, elle servira de cadre de réflexion et de propositions pour accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso.  

                       

Durant 48 heures les participants vont échanger notamment sur les principales réalisations du PNDES, les réformes en cours pour améliorer la gouvernance économie et institutionnelle, ainsi que le climat des affaires, le niveau de mobilisation des ressources et les perspectives pour un financement optimal du PNDES, le potentiel et les opportunités d’investissements dans la transformation agro-sylvo-pastorale, le financement adéquat du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) et du Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL) en vue de la promotion des économies locales.

A entendre le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI, cette conférence s’inscrit dans la logique de la reddition des comptes. A la suite de la conférence de Paris, il s’agit, dit-elle, de traiter des questions de grandes importances comme celle de l’accélération de la transformation agro-sylvo-pastorale. Selon le ministre en charge de l’Economie et des Finances, le secteur de la production agro-sylvo-pastorale occupe plus de 80% de la population totale et fournit environ 45 % des revenus aux familles rurales. Cependant, sa contribution à la création de la richesse nationale demeure faible, environ 28% en 2017, en raison du niveau particulièrement bas de la transformation des produits locaux. Elle a saisi l’occasion pour traduire la gratitude  du gouvernement aux partenaires techniques et financiers, mais également aux représentants des pays et institutions qui ont effectué le déplacement pour partager leurs expériences.

                                                                                                           

A l’ouverture de la conférence, le Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, a indiqué que les résultats d’étape de mise en œuvre du PNDES sont encourageants, malgré un contexte national difficile marqué par l’insécurité, les attaques terroristes et l’agitation. Il en veut pour preuves, le taux de croissance du PIB réel qui est passé de 4% en 2014 et 2015; 5,9% en 2016 pour atteindre 6,7% en 2017. 

Pour le chef du gouvernement burkinabè, ces acquis résultent de la crédibilité et de la confiance que son équipe gouvernementale a sues cultiver auprès des partenaires techniques et financiers, mais aussi des efforts réalisés au niveau des trois axes du PNDES que sont la réforme des institutions et la modernisation de l’administration; le développement du capital humain; et la transformation de l’économie.

Au titre de la réforme des institutions et de la modernisation de l’administration, il a mentionné comme acquis, le renforcement de l’indépendance de la justice avec l’adoption des textes consacrant l’indépendance du Conseil supérieur de la magistrature, son autonomie financière, le renforcement de ses moyens financiers et logistiques, ainsi que l’amélioration des conditions de travail du personnel judiciaire et pénitencier; l’amélioration de la gestion du budget de l’Etat avec le basculement en 2017 dans le budget-programme, faisant du Burkina Faso, le premier pays de l’UEMOA à s’engager dans la gestion budgétaire axée sur les résultats de développement; et le renforcement du dispositif de financement de l’économie avec la mise en place d’institutions spécialisées de financement de l’économie telles que la Caisse des dépôts et de consignations; la Banque agricole du Burkina Faso; le programme Burkina STARTUP; et le Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes.

Concernant le développement du capital humain, le Premier ministre a cité l’accroissement des infrastructures de santé; l’équipement des formations sanitaires, le renforcement du système de santé en personnel, ainsi que la réforme du service de la santé maternelle et infantile à travers l’introduction de la gratuité des soins en faveur des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Grâce à ces efforts, a fait observer Paul Kaba THIEBA, le nombre de décès de femmes lors de l’accouchement est passé de 135 pour 100 000 accouchements en 2015 à 120,9 en 2017. Le quotient global de la mortalité intra-hospitalière a reculé de 109,9 pour 1 000 en 2015 à 52,2 pour 1 000 en 2017; soit une réduction de 111%. Par ailleurs, le pourcentage des enfants de 0 à 5 ans qui accusent un retard de croissance, en matière nutritionnelle, a reculé de 30,2% en 2015 pour se situer à 21,2% en 2017.  Les acquis en matière de santé ont été rendus possibles grâce à l’optimisation de la gestion des ressources humaines qui a permis de doter les hôpitaux régionaux en médecins spécialistes en radiologie, gynécologie et cardiologie ainsi que la construction  et l’équipement de 158 CSPS en personnels qualifiés. 

Au niveau de l’éducation, le taux d’achèvement du post-primaire a été porté à 32,95% en 2017 contre 24,24% en 2016 pour une cible de 30,2%, grâce à la construction et à l’équipement de 409 collèges d’enseignement général et de 55 lycées. En outre, l’ouverture, dès la rentrée scolaire 2016-2017, des deux premiers lycées scientifiques à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso et des classes préparatoires des grandes écoles d’ingénieurs à l’Université Ouaga I au cours de la rentrée 2017-2018 a concrétisé la volonté du gouvernement burkinabè de basculer son système éducatif vers l’enseignement scientifique et la formation technique. Pour ce qui concerne l’eau potable, la mise en œuvre du PNDES a permis de porter le taux d’accès à 73,4% pour une cible fixée de 74% en 2017, à travers les constructions et réhabilitations de nombreuses infrastructures, selon Paul Kaba THIEBA.

Quant à l’axe de transformation de l’économie, le premier ministre Paul Kaba THIEBA a fait noter que les efforts en matière d’investissements publics ont permis de réaliser 11 nouveaux barrages et réhabiliter 11 autres , augmentant ainsi la capacité de stockage du pays en eau de surface de 6, 135 milliards de m3 pour une cible fixée à 6,126 milliards de m3. De même, pour le désenclavement intérieur et extérieur, plus de 1 300 km de pistes rurales ont été réalisées et environ 1 000 km  sont en chantier; ce qui porte la proportion des pistes rurales aménagées à 30,43% en fin 2017 contre une cible de 29% en 2020. Plus de 600 km de routes bitumées sont achevées ou sont en cours de travaux et plus de 30 000 km ont reçu un entretien ou sont en cours de travaux d’entretien.

Selon le Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, la problématique de la conférence est de recentrer le PNDES sur des secteurs qui demandent encore à être boostés, notamment le secteur agro-sylvo-pastoral où le Burkina Faso a les plus grands gisements de croissance. «Notre ambition pour ce secteur est de créer les conditions nécessaires pour permettre son véritable essor, afin d’augmenter sensiblement sa contribution à la création de richesse et d’emplois pour les femmes et les jeunes, à travers une valorisation accrue des produits… Les principaux objectifs quantitatifs du PNDES traduits à présent dans notre stratégie d’industrialisation sont de porter le taux de transformation des produits agricoles à 12% en 2015 à 25% en 2020 et la part du secteur secondaire dans le PIB de 20% à 22,4%», a-t-il confié. S’agissant du bilan de la mobilisation des ressources extérieures sur les deux premières années, il a fait savoir qu’elle a atteint 96,2%. Quant à la mobilisation des ressources internes, il a relevé une faible mobilisation des partenaires privés qui ont contribué à hauteur de 24, 91 milliards de F CFA, soit 0,5 % du montant initial de leurs engagements.

Afin de relever le défi sécuritaire, il a lancé un appel aux partenaires institutionnels du Burkina Faso à  un soutien conséquent au PUS et du PADEL considérés comme deux instruments de consolidation de la résilience des populations face aux risques de fragilité.

 Pour le 1er vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Mamady SANOH, la transformation des secteurs porteurs pour l’économie et les emplois au Burkina Faso passe par l’industrialisation. Ainsi, il a souligné la nécessité de mettre en place une politique vigoureuse d’accompagnement des petites et moyennes industries locales afin de leur permettre de transformer les matières premières dans des conditions économiques viables et socialement durables. Un accent particulier, dit-il, pourrait être mis sur l’aménagement et la gestion de parcs industriels spécialisés par filière, les incitations en matière d’investissement, la valorisation des résultats de la recherche et de l’accompagnement pour l’innovation continue.

                                  

 La coordonatrice résidente du PNUD au Burkina Faso, Metsi MAKHETHA, par ailleurs, présidente  de la troïka des partenaires techniques et financiers a salué la décision du gouvernement de tenir la conférence publique sur la mise en œuvre du PNDES. Pour Metsi MAKHETHA, le secteur agro-sylvo-pastoral est un secteur accélérateur pour l’atteinte des résultats du PNDES. Par rapport au PUS et au PADEL, elle a invité le gouvernement à se doter des outils pour agir sur les fragilités et les vulnérabilités et corriger les inégalités, au regard du contexte sécuritaire actuel. «Les deux programmes représentent vraiment un cadre intégré qui permettra au gouvernement d’engager avec les partenaires un focus particulier sur les zones fragiles afin qu’elles n’impactent pas la dynamique de mise en œuvre du PNDES», a-t-elle déclaré.  

 Le Directeur des opérations, Pierre LAPORTE, représentant le vice-président Afrique du Groupe de la Banque mondiale, a rassuré du soutien constant de son institution  aux efforts que mène le gouvernement burkinabè pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Selon M. LAPORTE, le Groupe de la Banque mondiale composé  du guichet de l’Association internationale de Développement (IDA) et le Société financière internationale (SFI) s’était engagé à financer le PNDES à hauteur d’environ 1,2 milliards de dollars US, soit l’équivalent de 600 milliards de F CFA. Ces engagements, a-t-il souligné, ont été plus que respectés car le montant actuel du portefeuille s’élève à près de 1,6 milliards de dollars pour le financement de conventions en cours d’exécution couvrant plusieurs secteurs dont l’agriculture, l’énergie, les TIC, l’eau potable et l’assainissement, etc. «Sur ce montant prévisionnel, le Burkina Faso a décaissé près de 31% déjà (soit environ 500 millions de dollars US) pour la mise en œuvre du PNDES», a confié le représentant du vice-président Afrique du Groupe de la Banque mondiale. A l’entendre, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé, le 05 juillet dernier, le nouveau Cadre de partenariat avec le Burkina Faso sur la période de 2018-2023 pour un montant indicatif total de 2,3 milliards de dollars américains, soit environ 1 150 milliards de F CFA. Dans le domaine de l’eau potable et l’assainissement, il a également approuvé un financement de 300 millions de dollars en faveur du Burkina Faso, le 26 juin 2018.